Il y a des malédictions dont on ne se défait pas. On pensait qu’Adol Christin, après des décennies à sombrer corps et biens dès qu’il posait un pied sur un pont, méritait une traversée paisible. C’était mal connaître Falcom. Avec Ys X: Proud Nordics, le studio nippon nous offre pourtant une singulière bouée de sauvetage : une version définitive, enrichie, techniquement métamorphosée, et pour la première fois réellement souveraine sur une machine Nintendo. Alors, simple escale de ravitaillement ou nouveau cap à marquer d’une pierre runique ? On a pris la mer, la manette de la Switch 2 en main, pour écumer la baie d’Obelia et percer les mystères des Griegers. Verdict après quarante-cinq heures de navigation, de combats en duo et de regains de mana.
Avant de lever l’ancre, on doit parler de ceux qui tiennent la barre. Nihon Falcom est un cas à part dans l’industrie. Fondé en 1981, ce studio vénérable n’a jamais cédé aux sirènes du triple A démesuré. Ici, pas de moteur clinquant ni de motion capture hollywoodienne. Falcom, c’est l’artisanat : des équipes réduites, une direction artistique assumée, et des bandes-son qui justifient à elles seules l’achat. Après avoir popularisé l’action-RPG avec la série Ys dès 1987, le studio s’est fait une spécialité des « petits jeux qui durent longtemps ». Trails, Tokyo Xanadu, Zwei… Chaque production respire cet amour du détail, des systèmes qui s’emboîtent et des personnages qu’on apprend à aimer chapitre après chapitre. Avec Ys X: Proud Nordics, Falcom ne réinvente pas la poudre de mana, mais il peaufine ...
[Courte citation de 8% de l'article original]